Apprendre à repérer la culpabilité alimentaire, ce n’est pas seulement identifier une émotion. C’est apprendre à reconnaître la petite voix qui juge l’alimentation et les comportements qui cherchent ensuite à réparer.
On peut la repérer à plusieurs niveaux.
La pensée qui juge
C’est souvent le premier signal.
On ne pense pas seulement « j’ai mangé », mais on évalue ce qu’on a fait.
- Je n’aurais pas dû manger ça
- J’ai abusé
- Ce n’était pas raisonnable
- J’ai été faible
- Maintenant, ma journée est fichue
- Il va falloir que je fasse attention ce soir
L’émotion
Vient ensuite ce qu’on ressent
- culpabilité
- honte
- anxiété
- déception
- peur d’avoir « grossi »
Et parfois, la culpabilité est tellement habituelle qu’elle est difficile à identifier comme telle.
L’envie de réparer
La culpabilité peut pousser à vouloir annuler ou compenser ce qui vient d’être mangé.
Puisque j’ai mangé ça, il faut …
- manger moins au repas suivant
- supprimer un aliment
- sauter un repas
- augmenter l’activité physique
- « être sage » le lendemain
- repousser la faim
- contrôler davantage les portions
Le cercle qui se met en place
On peut schématiquement avoir :
Je mange → jugement → culpabilité → compensation → restriction → faim / frustration → nouvel épisode alimentaire → nouveau jugement
Et on peut finir par croire que le problème est notre manque de contrôle, alors qu’une partie du cycle est alimentée par les règles et les compensations.
On peut explorer
- Qu’est-ce que tu t’es dit juste après avoir mangé ?
- Est-ce que tu as eu envie de faire quelque chose pour compenser ?
Apprendre à repérer la culpabilité alimentaire, c’est apprendre à la reconnaître, à prendre un peu de distance avec ce qu’elle raconte, et à ne plus être obligé·e de suivre ses consignes.
Si tu n’avais pas eu cette pensée de culpabilité, qu’aurais-tu fait ensuite ?
Christine Savalli 🍒 Une diététicienne qui vous veut du bien 😌
Alimentations végétales, Comportement alimentaire et Fertilité
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Merci Christine pour cet article !
Je trouve particulièrement intéressant ce cercle que tu décris entre culpabilité, compensation et restriction.
On oublie parfois qu’une alimentation équilibrée ne se construit pas sur un repas isolé, mais sur nos habitudes dans la durée.
Avec mon expérience en cuisine, je constate aussi combien le plaisir de manger est important. Lorsqu’on commence à classer systématiquement les aliments entre « bons » et « mauvais », on risque de perdre cette dimension essentielle.
J’aime beaucoup ton invitation à observer nos pensées après un repas plutôt que de chercher immédiatement à compenser.
Finalement, apprendre à manger plus sereinement est aussi une manière de prendre soin de soi.
Merci beaucoup pour ce retour !
Tu soulignes quelque chose d’essentiel : le plaisir de manger fait pleinement partie de l’équilibre alimentaire.
Sortir de cette logique de bons et de mauvais aliments permet justement de retrouver plus de liberté et de sérénité dans son alimentation. Et comme tu le dis si bien, tout se construit dans la durée, sans avoir besoin de compenser chaque écart supposé.