Alimentation émotionnelle : anesthésie
C’est beaucoup plus courant qu’on ne le croit et ce n’est ni un manque de volonté, ni une “faiblesse”.
Quand l’alimentation sert à éviter ses émotions, elle peut devenir :
- 🛡️ un anesthésiant : manger pour faire taire l’angoisse, la tristesse, la colère, le vide
- ⏸️ un bouton pause : pendant qu’on mange, on ne pense (presque) à rien d’autre
- 🧸 un refuge : quelque chose de prévisible, de réconfortant, quand le reste déborde
- 🌷un moyen de contrôle : quand tout semble incontrôlable, la nourriture, elle, est là
Souvent, ça s’installe sans qu’on s’en rende compte. Le corps apprend “quand ça fait trop mal dedans, manger aide”.
Le problème, ce n’est pas l’alimentation émotionnelle en soi : on mange tous parfois pour se réconforter.
Le souci apparaît quand :
- c’est la seule façon de gérer ce qui se passe à l’intérieur
- les émotions restent intactes après, parfois même amplifiées par la culpabilité
- on se coupe de ses signaux internes (faim, satiété, besoins émotionnels réels)
Le corps cherche désespérément des issues rapides. La nourriture en est une, parce qu’elle est accessible et qu’elle agit vraiment sur le système nerveux.
Pourquoi c’est problématique
Quand l’alimentation est utilisée pour fuir une émotion, l’émotion n’est ni identifiée, ni traversée. Le système nerveux est calmé artificiellement, sans apprentissage interne et la régulation émotionnelle ne peut pas se construire.
➡️ On ne régule pas, on évite.
La régulation émotionnelle implique de
- ressentir (même brièvement)
- tolérer
- laisser redescendre
L’anesthésie court-circuite ces étapes.
Le cerveau n’apprend jamais que “l’émotion passe” et l’intensité émotionnelle reste élevée dans le temps. Un cercle vicieux où la dépendance à la stratégie d’évitement augmente
Ce n’est pas un problème alimentaire, mais un problème de tolérance émotionnelle.
L’intensité des émotions
Quand l’intensité émotionnelle monte trop haut, le cerveau cherche une sortie de secours rapide et manger peut devenir une façon très efficace de faire baisser la pression (même si c’est temporaire).
C’est souvent un signal que l’intensité émotionnelle dépasse la capacité à accueillir ce qui se passe à l’intérieur. En d’autres termes :
- Submersion émotionnelle : les émotions sont trop fortes pour être gérées consciemment. Le corps cherche une voie rapide de régulation, et la nourriture est accessible, rapide et rassurante.
- Difficulté d’accueil de l’émotion : certaines émotions comme la peur, la colère, la tristesse ou l’anxiété peuvent sembler “intolérables”. Le cerveau déclenche un mécanisme de contournement pour réduire l’inconfort rapidement.
- Message corporel : ce comportement peut servir de signal d’alerte : “il y a trop, ralentis, prends soin de toi, trouve un moyen de digérer ce qui se passe émotionnellement”.
Dans une approche diététique comportementale (psycho-nutrition), cela permet de recentrer l’accompagnement sur la régulation émotionnelle et la conscience de soi, plutôt que sur le contrôle strict de l’alimentation.
Si ressentir une émotion déclenche : une détresse intense, une activation anxieuse incontrôlable, des réactions de panique, de dissociation ou de figement. Alors le système nerveux fait exactement ce pour quoi il est conçu : protéger. L’anesthésie (alimentaire ou autre) devient une réponse de survie. Dans ce cas, un suivi avec une psychologue clinicienne peut être indispensable.
Conclusion
👉 La question clé n’est pas “pourquoi je mange comme ça ?”
Mais plutôt : “qu’est-ce que j’essaie de ne pas ressentir à ce moment-là ?”
Sans obligation de réponse immédiate. Juste de la curiosité douce.
👉 Manger en réponse à une émotion n’est pas dysfonctionnel en soi. Le problème apparaît quand l’objectif devient de ne plus rien ressentir ce qui ne permet pas une bonne régulation émotionnelle sur le long terme.
Christine Savalli 🍒 Une diététicienne qui vous veut du bien 😌
Alimentations végétales, Comportement alimentaire et Fertilité
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