Le syndrome de l’intestin irritable (SII)

Le syndrome de l’intestin irritable (SII), aussi appelé colopathie fonctionnelle, est un trouble digestif fréquent et bénin, mais qui peut être très invalidant au quotidien.

Symptômes possibles

Ils varient beaucoup d’une personne à l’autre :

  • Douleurs abdominales, crampes
  • Ballonnements, gaz
  • Diarrhée, constipation… ou alternance des deux
  • Sensation de digestion difficile
  • Soulagement (partiel) après les selles
  • Fatigue associée

Les symptômes évoluent souvent par poussées, avec des périodes plus calmes.

La poussée correspond à une majoration des symptômes sans inflammation ni lésion. Après la poussée, l’intestin ne garde pas de séquelle. C’est une fluctuation fonctionnelle, pas une aggravation structurelle.

Différents types de SII

Le syndrome de l’intestin irritable n’est pas une maladie unique et uniforme.
On distingue plusieurs formes de SII, définies selon le type de troubles du transit prédominant.

SII à prédominance diarrhéique – le SII D

C’est la forme où la diarrhée est majoritaire.

Symptômes fréquents :

  • Selles liquides ou molles
  • Urgences impérieuses à aller à la selle
  • Douleurs abdominales soulagées après les selles
  • Crainte de ne pas trouver de toilettes
  • Fatigue liée aux pertes et à l’anxiété anticipatoire

👉 Cette forme est souvent très invalidante socialement et professionnellement.

SII à prédominance constipée – le SII C

Ici, la constipation domine.

Symptômes fréquents :

  • Sensation d’évacuation incomplète
  • Selles rares, dures, difficiles à évacuer
  • Ballonnements importants
  • Douleurs abdominales parfois continues

👉 Cette forme est souvent minimisée, alors qu’elle peut être très douloureuse.

SII mixte – le SII M

C’est la forme la plus courante du syndrome de l’intestin irritable. On retrouve une alternance entre diarrhée et constipation.

Symptômes fréquents :

  • Variations imprévisibles du transit
  • Périodes de diarrhée suivies de constipation
  • Ballonnements et douleurs fluctuantes

👉 C’est l’une des formes les plus déstabilisantes, car difficile à anticiper et à traiter.

SII non classé

Lorsque les symptômes ne rentrent pas clairement dans une catégorie précise.

👉 Cette forme rappelle que le SII est un spectre, pas une étiquette rigide.

Le type de SII peut évoluer dans le temps. Une même personne peut changer de forme. Comprendre le type de SII aide à adapter la prise en charge, mais ne reflète pas la sévérité. Tous les SII peuvent être invalidants, quel que soit le type.

Pourquoi ça arrive ?

Il n’y a pas une seule cause, mais plusieurs mécanismes possibles :

  • Hypersensibilité de l’intestin
  • Troubles de la motricité intestinale
  • Déséquilibre du microbiote
  • Lien fort avec le stress, l’anxiété, les traumatismes (nerf vague)
  • Parfois déclenché après une gastro-entérite ou autre élément pathogène comme le covid

👉 Ce n’est pas “dans la tête”, mais le système digestif et le système nerveux sont très liés.

Comment on pose le diagnostic ?

Le diagnostic est clinique, après avoir éliminé d’autres causes (maladie cœliaque, MICI, infection, etc.), surtout s’il y a :

  • Pas de perte de poids inexpliquée
  • Pas de sang dans les selles
  • Pas d’anémie sévère non expliquée
  • Pas de réveils nocturnes par la douleur

Les examens reviennent normaux dans le cadre d’un syndrome de l’intestin irritable.
Cela ne signifie pas qu’« il n’y a rien », mais qu’aucune anomalie organique ou inflammatoire n’est retrouvée.

Le SII est ce qu’on appelle un diagnostic d’exclusion.
Autrement dit, le diagnostic est posé après avoir éliminé d’autres causes possibles (maladies inflammatoires, infection, maladie cœliaque, etc.).

👉 Il n’existe actuellement aucun examen capable de poser à lui seul le diagnostic de SII.

Les examens réalisés dépendent des symptômes, de leur intensité, de leur évolution et de l’évaluation du médecin. Ils ne sont donc pas les mêmes pour tout le monde.

Enfin, le diagnostic de SII prend souvent du temps à être posé.
Ce délai peut être long et frustrant, mais il fait partie du processus diagnostique et n’invalide pas la réalité des symptômes.

Prise en charge

Il n’y a pas de traitement unique, mais une approche personnalisée :

Alimentation

  • Régime pauvre en FODMAPs (encadré par une diététicienne spécialisée car difficile à mettre en place avec un risque de carences)
  • Identifier ses propres aliments déclencheurs

Médicaments (selon les symptômes)

  • Antispasmodiques
  • Régulateurs du transit
  • Parfois probiotiques (attention à l’auto médication)

Approche globale

  • Gestion du stress
  • Thérapies psychocorporelles (TCC, hypnose, etc.)
  • Activité physique

Le SII peut-il être invalidant ?

Le lien entre SII (syndrome de l’intestin irritable) et invalidité est malheureusement réel, même s’il est mal reconnu.
Même si le SII est qualifié de bénin sur le plan médical (pas de risque vital, pas de lésion), il peut être très invalidant fonctionnellement :

  • Douleurs chroniques parfois quotidiennes
  • Urgences diarrhéiques imprévisibles
  • Fatigue intense
  • Ballonnements douloureux
  • Impact sur le sommeil
  • Difficultés à travailler, se déplacer, socialiser
  • Anxiété et dépression

Beaucoup de personnes adaptent toute leur vie autour de leurs intestins.

Reconnaissance de l’invalidité : la réalité

C’est là que ça se complique.

Le SII seul est rarement reconnu comme handicap ou invalidité. Il est souvent considéré comme un trouble “fonctionnel”.

La reconnaissance dépend surtout de :

  • La sévérité
  • La chronicité
  • L’impact sur la vie quotidienne et professionnelle
  • Les comorbidités (anxiété sévère, dépression, endométriose, MICI associée, douleurs chroniques…)

Mais le vécu du patient est souvent minimisé face à un parcours médical souvent long et des medecins ne connaissant pas suffisamment ce syndrome.

Thérapies alternatives : prudence et informations

De nombreuses personnes atteintes de syndrome de l’intestin irritable (SII) cherchent des solutions complémentaires lorsque les traitements classiques semblent insuffisants. Parmi les approches couramment proposées :

  • Ostéopathie viscérale
  • Naturophatie
  • Régime sans gluten ou autres régimes restrictifs
  • Compléments alimentaires, phytothérapie, probiotiques variés

Le fait qu’une thérapie soit proposée ne garantit pas son efficacité ni sa validité scientifique.

Ces pratiques ne sont pas sans risque : certaines restrictions alimentaires peuvent entraîner des carences, et certaines manipulations (ostéo, massages) peuvent être contre-indiquées selon la santé globale de la personne.

Elles ne remplacent pas le suivi médical, mais peuvent, dans certains cas, compléter la prise en charge, sous contrôle d’un professionnel de santé.

Aucune preuve solide ne garantit que les thérapies alternatives améliorent le SII. Leur effet peut être très variable d’une personne à l’autre, et parfois lié à l’effet placebo ou au simple fait de se sentir pris en charge.

Conclusion

Le syndrome de l’intestin irritable est encore mal compris, mais il n’est pas sans solutions.
L’intensité et la fréquence des symptômes peuvent varier au cours de la vie, avec des périodes plus difficiles et d’autres plus stables.

Dans certains cas, une rémission est possible, partielle ou complète.

Un suivi global, associant une prise en charge diététiquemédicale et psychologique, est souvent très bénéfique.
Il permet à de nombreuses personnes de retrouver une qualité de vie satisfaisante, voire une vie normale ou presque.


Christine Savalli 🍒 Une diététicienne qui vous veut du bien 😌
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Christine Savalli
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